Démocratie : les villes au participe futur ?

13 novembre 2012 On y réfléchit...
Les expériences de démocratie participative fleurissent à travers le monde, souvent avec succès. En France, on loue ses vertus depuis plusieurs décennies. Les rapports plébiscitant l'implication populaire sont nombreux. Mais dans la réalité, les habitants restent cantonnés à un rôle consultatif.
Donner aux habitants le pouvoir d'agir est chose fréquente aux Etats-Unis. Depuis des décennies, les communautés ont pris l'habitude de faire pression sur les pouvoirs publics pour faire valoir leurs droits. L'«empowerment» (littéralement prise de pouvoir) est chez eux un pilier du pacte qui lie citoyens et dirigeants.
En France, l'idée n'est pas non plus nouvelle. Dès 1983, le rapport Dubedout, considéré comme le texte fondateur de la politique de la ville, déclarait déjà que «rien ne se ferait sans la participation active des habitants».

Depuis, l'idée d'impliquer la population dans le processus de décision, aussi appelée démocratie participative, revient régulièrement. La loi relative à la démocratie de proximité en 2002, le Programme national de rénovation urbaine en 2003, ou le plan Espoir Banlieue en 2008, allaient tous dans le sens d'une participation plus grande des habitants. L'idée est à la mode. Le docteur en science politique Loïc Blondiaux perçoit même cette forme de citoyenneté comme «le nouvel esprit de la démocratie».
Mais malgré les bonnes volontés apparentes, dans les faits, la place réservée aux citoyens dans le processus de décision n'a pas beaucoup évolué depuis trente ans. (slate.fr)

Dans un rapport datant de 2011, le Conseil national des villes fait remarquer que certaines politiques menées relèvent nettement du registre de la «manipulation» car les habitants sont considérés «comme incapables d'avoir un point de vue argumenté et réfléchi sur les sujets des politiques publiques. Des démarches infantilisantes ou plus peuvent être observées».

En effet, jusqu'ici, les élus et les techniciens ont souvent considéré la participation des habitants «comme un moyen au service de l'acceptation d'une décision, [...mais] pratiquement jamais comme un moyen d’accroître le pouvoir des habitants sur l'action publique», souligne le Conseil d'analyse stratégique (CAS) organisme affilié au Premier ministre, dans une note publiée début septembre.

Malgré les innombrables dispositifs de concertations mis en place, notamment dans le cadre de projets d'aménagement urbains, les habitants sont restés cantonnés à un rôle consultatif.

Pourtant, au vu des expériences étrangères, les arguments à mettre au crédit de la démocratie participative à l'échelle d'une ville ou d'un quartier ne manquent pas. Comme le souligne le CAS, l'implication des habitants dans le processus de décision comporte de nombreux avantages.

«Ce mode d'action publique favorise la mobilisation citoyenne, améliore les relations entre les habitants et les acteurs locaux, et entraîne, en parallèle, des effets positifs sur la santé mentale, le sentiment d'insécurité et la satisfaction d'habiter le quartier.»

En louant ainsi les vertus de la participation populaire, le CAS emboîte le pas au Conseil d’Etat, au Conseil national des villes ainsi qu'au Conseil national des politiques de lutte contre la pauvreté et l'exclusion sociale qui ont eux aussi publié des rapports allant dans le même sens en 2011.

Démocratie participative, mode d'emploi
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