On y réfléchit...

On y réfléchit... (1)

Les expériences de démocratie participative fleurissent à travers le monde, souvent avec succès. En France, on loue ses vertus depuis plusieurs décennies. Les rapports plébiscitant l'implication populaire sont nombreux. Mais dans la réalité, les habitants restent cantonnés à un rôle consultatif.
Donner aux habitants le pouvoir d'agir est chose fréquente aux Etats-Unis. Depuis des décennies, les communautés ont pris l'habitude de faire pression sur les pouvoirs publics pour faire valoir leurs droits. L'«empowerment» (littéralement prise de pouvoir) est chez eux un pilier du pacte qui lie citoyens et dirigeants.
En France, l'idée n'est pas non plus nouvelle. Dès 1983, le rapport Dubedout, considéré comme le texte fondateur de la politique de la ville, déclarait déjà que «rien ne se ferait sans la participation active des habitants».

Depuis, l'idée d'impliquer la population dans le processus de décision, aussi appelée démocratie participative, revient régulièrement. La loi relative à la démocratie de proximité en 2002, le Programme national de rénovation urbaine en 2003, ou le plan Espoir Banlieue en 2008, allaient tous dans le sens d'une participation plus grande des habitants. L'idée est à la mode. Le docteur en science politique Loïc Blondiaux perçoit même cette forme de citoyenneté comme «le nouvel esprit de la démocratie».
Mais malgré les bonnes volontés apparentes, dans les faits, la place réservée aux citoyens dans le processus de décision n'a pas beaucoup évolué depuis trente ans. (slate.fr)
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